Sortie du 24 juin 2023

L’accueil s’est déroulé sur le parking d’accueil où étaient servis cafés, jus de fruits et viennoiseries. du château sous un ciel gris menaçant et par temps frais. Nous nous sommes ensuite rendus au pavillon d’accueil du château de Regnière-Ecluse où le guide nous attendait.

Pavillon d’accueil extérieur
Le pavillon d’accueil, hure


REGNIERE-ECLUSE

Un premier château fut installé vers 600 et persista jusqu’en 1030 sur une propriété de 760 hectares. Il fut incendié par les Vikings au IXe siècle. La première maison était une ferme fortifiée (sise à proximité de l’actuel château) rattachée à l’Abbaye de Saint Riquier puis cédée à la couronne sous Hugues Capet qui l’attribua à la famille Tirel, seigneur de Poix. Au fil du temps les terres représentèrent 600 hectares, le domaine vivait de la location de terres, de location de chasses et de l’exploitation de forêts (et de la visite actuellement).

Depuis 1030, la même famille est restée propriétaire de l’ensemble (Tirel puis Soissons-Moreuil, puis Soyécourt, Belleforière, Seiglière et au 19e siècle la famille de Hinnisdal, originaire de la Belgique -région de Béthune-, et ses descendants actuels Nicolaÿ (34ème propriétaire).

Le groupe dans la cour du château

L’architecture

L’intégralité des archives du domaine existe depuis 1540. L’édifice date de 1575 et est classé Monument Historique, une aile a été détruite et une tour forte (tour carrée) édifiée (elle abrite aujourd’hui la bibliothèque).

Tour carrée vue de la cour du château
Tour carrée vue de l’extérieur

La façade actuelle est de style gothique troubadour des années 1800 à 1850.

Vue générale des façades
Vue générale depuis la cour carrée

Histoire

De 1030 à 1877, le château a été constamment habité.

A la fin du XVIIIe siècle, Camille de Seiglière, carmélite à Paris, réussit à protéger le domaine mais des membres de la famille furent décapités sous la Terreur (la famille de Soyécourt traitait bien son personnel qui ne fut pas écouté par les Révolutionnaires). Les ordres religieux furent dispersés sous la Révolution et Camille éleva son neveu – le père de Hermann d’Hinnisdal – qui récupéra le domaine au début du XIXe siècle.

En 1839, le Comte Herman d’Hinnisdal se maria une première fois à Marie de Bryas, morte à 27 ans de la tuberculose, dont il eut deux enfants. La mère du Comte était parente de Mme de Sévigné (famille de Soyécourt, Saucourt maintenant). Il épousa en secondes noces Victorine de Choiseul.

Travaux et modifications

A la demande du Comte Herman d’Hinnisdal, des travaux importants ont été réalisés par l’architecte Pierre Charles Dussillion à partir de 1838 puis par l’architecte Jean Herbault en 1846.

Les pièces ont été redimensionnées, les murs et les tourelles rehaussées, les toitures refaites en ardoise et on a ajouté une fenêtre sur parc. Les façades ont été décorées. Nous pouvons remarquer des damiers de grès et silex au niveau des fondations, et au niveau des toitures, de nombreuses lucarnes en pierre ornées de blasons, de monumentales cheminées, enfin des balcons gothiques.

Les damiers grès et silex et la toiture d’ardoises
Lucarnes
Cheminée torse

Des éléments font référence à la chasse (chasse au faucon, têtes de chevaux, veneurs) et d’autres rappellent la famille du propriétaire (armoiries des Hinnisdal, initiale H).

Chasse au faucon
Cheval
Ecusson lettre H
Décor de la porte, vènerie
Autre écusson

De 1851 à 1853, le corps central et l’aile Nord furent édifiés pour donner à l’ensemble un plan en forme de U.

Entrée du manoir « H » minuscule sur les piles

L’intérieur a été décoré par des artisans parisiens puis par les frères Duthoit (dont l’escalier d’honneur vers 1850) qui y travaillèrent pendant 18 ans jusqu’en 1863 en s’inspirant du Gothique tardif et du style Tudor.

Gargouille

En 1877 à la mort du Comte, Herman d’Hinnisdal, sa veuve partit vivre à Paris. Le château ne fut plus habité qu’occasionnellement et fut vidé progressivement.

A la première guerre mondiale, les Anglais l’occupèrent et dressèrent des baraquements en demi-lune (tôle ondulée) où étaient stocké du matériel pour le front. Entre les 2 guerres la demeure fut plus ou moins pillée. Pendant la seconde guerre mondiale les Allemands y installèrent un hôpital militaire. Des réfugiés belges y furent hébergés.

De 1946 à 1964 le château servit de colonies de vacances pour les PTT.

A partir de 1961 le châtelain actuel (famille Nicolaÿ) commença la réfection du château, remeublèrent et remirent en état le parc.

La visite intérieure ne permet pas les photos.

A l’entrée un trophée de chasse du duc de Condé rappelle qu’il louait pour des chasses à courre.

Nous visitons successivement :

• la chambre de la marquise de Nicolaÿ,

• le salon gothique,

• la salle de bain,

• le petit bureau,

• le grand salon,

• la salle à manger,

• l’office,

• puis la bibliothèque dans le donjon. Pièce carrée avec plafond peint en trompe l’œil par les frères Duthoit,

• la chambre de Victorine,

• la chapelle désacralisée au plafond bleu étoilé.

Fenêtre de la chapelle vue de l’extérieur

Pour passer à l’étage un escalier à double volute, œuvre des frères Duthoit (amené en morceaux par chemin de fer) éclairé par un imposant lustre.

Le parc a également fait l’objet de transformations et d’agrandissement (jusqu’à 1000 ha). Il est aménagé sur le modèle anglais. Il comprend 2 parties :

• le Haut Parc au nord vers les bois, clos par trois kilomètres de murs, avec un rond point en étoile « le carrefour du Grand Veneur,

• le Bas Parc en lisière de la forêt de Crécy, qui a nécessité le déplacement d’une partie du village.

Le parc a été réaménagé et 138 000 arbres ont été replantés (sur 2 ans).

Le parc

Le jardin régulier composé d’essences indigènes et exotiques comprend pour sa part des ifs taillés et des massifs arbustifs, « à la française » disposés devant la façade principale du château.

Jardin à la française
Façade et terrasse vers le jardin à la française

La pièce d’eau date des années 1970.

Une statue représentant deux lévriers orne le parc.

Jardin à la française, lévriers

Depuis 2006, le domaine est classé MH (Parc forêt et bâtiments). La gestion est assurée par le Conservatoire du littoral.

Le château vu du parc


NAMPONT SAINT-MARTIN


LE GOLF

Il occupe une zone de bois coupé par les Allemands. En 1976, une invasion de cochenille sévit ; ne subsistent que sequoias, frênes et tilleuls.

Le parc du château de Nampont Saint Martin est transformé par François Xavier Podvin (qui emploie 10 personnes) en :

• golf 9 trous au dessus du château (devenu 18 trous en 1984), le parcours du Belvédère,

• golf 9 trous en bas le long des rives de l’Authie (devenu 18 trous en 1994), le parcours du Cygne.

Deux pilastres en ornent l’entrée

Pilastres de l’entrée du golf

Le restaurant est construit sur blockhaus. Le Repas se composait après le Kir d’accueil de : quiche au Maroilles, filet de truite et risotto aux champignons, café gourmand.

Le restaurant
La charpente
Plaque de cheminée

En face, nous visitons avec M Thierry Podvin la maison forte de plan polygonal bordée de douves. C’est une ferme restaurée et non classée. L’origine du fief remonte au IXe siècle, mais le bâtiment actuel en pierre calcaire sur soubassement en grès date vraisemblablement du XVe siècle. Les Espagnols ont saccagé la demeure au cours du XVIIe siècle (1635). L’ouest des bâtiments a souffert des bombardements de 1944. A droite, nous trouvons la partie plus ancienne. Les toitures ont été refaites récemment.

Au-dessus de l’entrée, nous remarquons les armoiries de Gédéon Du Maisniel, propriétaire en 1798.

Armoiries
Vue générale de la maison forte
Mâchicoulis au-dessus de l’entrée

La porte d’entrée, munie à sa droite d’un passage pour les piétons, est encadrée de 2 tours munies d’embrasures. Le pont levis a été supprimé et remplacé par un pont en béton qui maintient le tout. Les murs sont percés de nombreuses meurtrières.

En pénétrant dans la cour, nous remarquons un puits octogonal et un escalier d’angle à droite (avec une partie de soubassement en silex) qui dessert deux étages. Un poste de perception pour la gabelle y était installé au XVIIIe siècle. A Saint Valéry était stocké le sel et arrivait les vins de Bordeaux.

Puits et escalier d’angle
Embrasures
Soubassement de silex taillé sur l’escalier d’angle

Nous pénétrons dans une grande pièce avec cheminée du XVIIe siècle.

Nous admirons aussi la pièce d’eau qu’occupe alors une Aigrette garzette. Cette pièce entoure les bâtiments munis de d’ouvertures en grès pour des bouches à feu.

Bâtiments entourés par la pièce d’eau
Bernaches

En parcourant le terrain nous pouvons remarquer une table de découpe de chasse (de Bourgogne) et un peu plus loin sur l’étang des Bernaches du Canada, des Cygnes tuberculés, une Aigrette garzette.

Plan d’eau aux Cygnes tuberculés
Jeux de lumières près de la maison forte

Puis nous repartons vers l’église de Bernay en Ponthieu, située en face du relais de poste.

D’abord chapelle construite en 1679, elle devint après agrandissement église paroissiale un peu avant la Révolution. En pierre calcaire sur soubassement en brique, elle renferme une statue de Saint Gengoult (protecteur des maris trompés). La toiture est en ardoise et le clocher à soufflets. Nous pouvons aussi remarquer les vitraux.

Clocher à soufflet
Saint Gengoult
Vitrail de saint Louis (don Decrept Vasselle 1923)

De l’autre coté de la route se situe le Relais de poste de Bernay en Ponthieu : il date de 1570 et comporte des colombages et des blochets sculptés d’époque. Il est inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques.

L’entrée et la sortie des attelages étaient différentes (une au Nord et une au Sud).

Panneau
Relais vu de la cour, écuries à gauche
Relais vu de la cour
Relais vu de la cour, avec les écuries
Colombages et blochets vus de la route
Blochet
Blochet et sablière

On pouvait s’y restaurer et s’y reposer pendant que l’on changeait les chevaux. L’écurie a compté jusqu’à 180 chevaux mais l’arrivée du chemin de fer a supprimé l’activité et le village a connu une baisse de fréquentation importante de ce fait. Des voyageurs célèbres y sont passés : Louis XIV, Victor Hugo Napoléon III.

Les toitures ont été refaites récemment, aujourd’hui le relais fait partie d’une exploitation agricole.

Charpente de la grange

La journée s’est terminée vers 19h autour d’un verre de jus de pomme ou de cidre et de gâteaux offerts par Mr Eymeric Decrept propriétaire du Relais.

Fin de la journée


REMERCIEMENTS

Nous tenons à remercier:

M. de Nicolaÿ.

M. Thierry Podvin.

M. Emeric Decrept.