Pour cette sortie en car du samedi 13 octobre 2018, par un temps agréable et ensoleillé, la journée a débuté autour d’un café croissant et se poursuivit par une présentation du village d’Autheuil-en-Valois, à la Mairie, par le Maire.
AUTHEUIL-EN-VALOIS
Autheuil-en-Valois (Oise) est situé au sud de Villers-Cotterêts, à 40 km à l’est de Senlis.
Eglise Saint-Martin d’Antheuil en Valois
Notre première visite a été consacrée à l’église Saint-Martin, classée aux monuments historiques. Du milieu du XIIe siècle subsiste un beau portail roman en saillie, à fines colonnettes et décor sculpté. La partie orientale a été construite à la fin du XIIe siècle, dont il subsiste quelques éléments dans le transept et le chœur.

La nef non voûtée a été réhabilitée au milieu du XVIe siècle ainsi que la grosse tour.



Prieuré Notre-Dame d’Autheuil-en-Valois
Second lieu visité, Notre-Dame d’Autheuil-en-Valois, était un modeste prieuré clunisien du XIIe siècle, transformé en ferme à la Révolution. Propriété de l’association « Les Amis du Prieuré de Notre-Dame d’Autheuil-en-Valois », cet ensemble a fait l’objet d’une lente mais soigneuse restauration commencée en 1984 mais interrompue faute de moyens. Le cloître qui s’élève au sud de la nef est une création contemporaine dans un style gothique de grande qualité.




L’église du prieuré fut construite vers 1120 selon un plan rectangulaire, avec nef plafonnée basilicale de cinq travées. Des chapelles de même plan terminaient les bas-côtés, aujourd’hui disparus.
Le vaisseau central, haut, étroit s’ouvrait sur les bas-côtés par des arcades brisées (sauf la dernière travée en plein cintre) retombant sur des piles rectangulaires à l’aide d’impostes simplement moulurées.
La maçonnerie associait moellons et pierres d’appareil dans un assemblage soigné. L’ensemble monumental respecte la tradition de l’architecture du XIe siècle. En façade s’ouvre un portail en plein cintre à trois voussures avec autant de colonnettes. Le chœur est couvert d’une voûte en berceau brisé, le chevet est plat. Des traces de voûtes d’arêtes subsistent vers le bas-côté sud. Une corniche couronne le mur gouttereau nord de la nef et du chœur.






DEJEUNER A LA FERTE-MILON
Avant de poursuivre notre circuit, nous déjeunâmes au Restaurant « Les Ruines » 4 Rue du Vieux Château, à La Ferté-Milon (Aisne) au sud-est de Villers-Cotterêts. Jean Racine est né dans cette petite ville. Jean de La Fontaine (1621-1695) y célébra son mariage avec Marie Héricart en 1647 à l’église Notre-Dame.
LE CHATEAU DE LA FERTE-MILON
Après le déjeuner, nous avons visité le château et l’Église de La Ferté-Milon. Le Château de La Ferté-Milon construit sur un éperon de la rive gauche de l’Ourcq, était une des principales châtellenies du duché de Valois (anciennement comté de Valois). Notre guide nous a alors rejoints le long du fossé face à l’impressionnante façade principale et rappelé l’historique du monument.
Historique du château
Une première forteresse et des remparts furent érigées au VIIIe siècle, sous la férule d’un seigneur nommé Milon. Au tout début du XIe siècle, la chapelle castrale devint une collégiale.
La Ferté-Milon rejoignit le comté de Valois en 1213 et il fut décidé la construction des fortifications de la ville.
Charles de Valois devint propriétaire du château en 1284. En 1371, le comté de Valois a été donné au second fils de Charles V, Louis d’Orléans. Une mention d’une forteresse grande et noble à la Ferté-Milon remonte à 1375.
En 1393, Louis Ier d’Orléans décida de la reconstruction du château de La Ferté, en une forteresse aussi puissante que celle de Pierrefonds (l’architecte est Jean Aubelet). Le projet de Louis d’Orléans fut rapidement interrompu par son assassinat en 1407. Les héritiers de Louis n’accordèrent pas la moindre importance à ce château décalé dans le temps et l’espace. Les ruines ont été classées Monument Historique en 1862.
En 1412, le comte de Saint-Pol s’empara du site, que les Français reprirent aux Anglais en 1429. En 1588, Antoine de Saint-Chamant, ligueur, défendit le lieu contre Henri IV puis se retira en 1594. Le château a ensuite été démantelé sur ordre d’Henri IV.
Description
Louis Ier d’Orléans décida de ne garder que peu d’éléments du site primitif (tour carrée et remparts au Nord-est).
Le château se présente sous la forme d’une grande enceinte flanquée de quatre tours en amande du côté de l’attaque.
Les architectes ne purent qu’édifier la façade principale (102 mètres de long sur 28 mètres de haut) par manque de moyens financiers et de temps. La façade est rythmée par des courtines percées de fenêtres, Deux tours, très hautes, signalées par des niches recevant une statuaire, étaient coiffées par un chemin de ronde continu sur mâchicoulis. La façade s’insérait dans une enceinte médiévale du XIIIe siècle, longue d’environ un kilomètre.
L’épaisseur des murs souligne le caractère défensif de cet édifice. Derrière la porte d’entrée, entre les deux tours du milieu, surmontée d’un arc brisé gothique, se trouvait un assommoir. Un grand relief représente le Couronnement de la Vierge. En avant et en arrière se trouvaient les dispositifs habituels : pont-levis et herse. Devant la façade un fossé. Sur la droite, on distingue une tour carrée dont il reste deux pans de murs. Toutefois ce caractère défensif était atténué, par de grandes fenêtres dans les courtines, une statuaire originale et de majestueuses cheminées à tous les étages, ainsi le château médiéval robuste, en une demeure ducale plus ample, lumineuse, spacieuse et bien chauffée.
L’accès à la ville était protégé par une ancienne porte dont il reste deux tours en mauvais état. Derrière la muraille, deux canons russes de 1909, de 152,4 millimètres sont exposés face à la vallée.



EGLISE NOTRE-DAME (LA FERTE MILON)
Nous avons pris la pittoresque ruelle pavée des Rats, au bas de laquelle se trouve l’église Notre-Dame de style Roman et Gothique, attribuée en partie à l’architecte Philibert Delorme. Elle a été construite du XIIe au XVIe siècle.
Située à droite de la façade, la tour (de 26 mètres) est de style flamboyant avec, sur chacune de ses quatre faces, deux baies en plein cintre, très élevées et séparées par un unique meneau orné de symboles de choux frisés. La corniche est surmontée de balustrades découpées en X, reliant quatre élégantes tourelles ornées de clochetons pointus, de style Renaissance (1563). Des abat-sons renvoient la sonnerie des cloches sur la ville. La tour est encore équipée de son horloge mécanique datant de 1866, provenant des ateliers de l’horloger-mécanicien Renard, à Ferrières dans l’Oise. Un clocher central en poinçon domine la tour. Il possède un ensemble de 6 cloches dont la plus ancienne de 1614. Quatre des 6 cloches sont montées dans un important beffroi en partie d’origine (XVIe siècle).
Le portail comporte des chapiteaux à crochets avec génies, feuilles et animaux surmontant les colonnettes (deuxième moitié du XIIe siècle). Au-dessus on trouve une statue de bois de la « Vierge à l’enfant » du XVIIIe siècle et un grand oculus.



Nous pénétrons alors dans la nef. Située sur le flanc du plateau du château-fort, l’église a d’abord été appelée chapelle Fouquet. Celle-ci était de dimension bien inférieure à l’église actuelle. Des bas-côtés étaient reliés à la nef par d’énormes piliers carrés dont plusieurs (bas-côté gauche) qui existent encore témoignent de la première église. Cet ensemble date probablement de la seconde moitié du XIIe siècle. En 1562, Catherine de Médicis relança les travaux de canalisation de l’Ourcq afin d’alimenter Paris en bois, céréales, eau et pierres et fit assécher les marais. La chapelle Fouquet devenue trop petite pour une population plus nombreuse, Catherine de Médicis fit donc adapter un chevet semi-circulaire, percé de cinq larges fenêtres. On allongea l’église et en raison de la déclivité importante du terrain il fallut créer une base pour aménager une chapelle sous le nouveau chœur. Cet agrandissement est souvent attribué à Philibert Delorme.

L’église possède quatorze verrières classées allant du XIIIe au XVIe siècle. Une suite de verrières remarquables est classée au rang des monuments historiques depuis 1862.
Sur le bas-côté nord on peut observer le vitrail des évêques ; le plus ancien, représentant Saint Denis et Saint Waast, date du début du XIIIe siècle. Au sommet se trouve le blason de la ville « D’azur au château de deux tours d’argent, ouvert, ajouré et maçonné de sable » (XIIIe siècle).

Près de l’autel du Sacré-cœur, est représentée la légende de Saint Hubert, dans une fenêtre de style flamboyant (XVe siècle).
Les vitraux du chœur (cinq grandes verrières), très abîmés lors de la deuxième bataille de la Marne en juin-juillet 1918, ont été restaurées en 1929.
On retrouve aussi dix médaillons du XVIe siècles dispersés sur plusieurs verrières.
Sur le bas-côté sud la verrière des Litanies, incomplète, est datée du XVIe siècle. Au-dessous de ce vitrail, dans une niche (ancien lavabo), on peut voir une Visitation en bois polychrome du XVIe siècle.
Le vitrail de la Passion et des donateurs, à droite du chœur, rappelle le don de Jehanne de Rubempré en souvenir de son époux, Jacques de Vendôme, décédé en octobre 1524 et inhumé à Longpont.
La rosace au-dessus de la tribune de l’orgue a été restaurée en 2014 ainsi que les 3 baies romanes sur la façade ouest, donnant sur l’ancienne sacristie des enfants de chœur.
Dans la chapelle de la Sainte Vierge, un tableau d’Arie Scheffer (1795-1858) représente l’ange consolateur du Christ, accablé de douleurs, dans le jardin de Gethsemani.

Dans la nef se trouve « L’adoration des bergers » de la fin du XVIIe siècle (anonyme de l’École française). Au fond du collatéral sud, la visite de Sainte Elisabeth à la Sainte Famille (anonyme de la fin du XVIIIe siècle).

Le mobilier est en partie classé aux monuments historiques en 1912. La partie classée comporte un buffet de l’orgue, restauré en 1989, en bois sculpté du XVIIIe siècle provenant de l’abbaye de Coincy.

Dans le chœur, on trouve une console en bois sculpté doré, avec plateau de marbre, de la fin du XVIIIe siècle. Dans la chapelle de la Sainte Vierge, nous remarquons l’aigle lutrin, en chêne sculpté, également de la fin du XVIIIe siècle. Au-dessus de lui, on peut admirer une statue de Saint Bruno, fondateur de l’ordre des Chartreux. La chapelle des fonds baptismaux est dédiée à Saint Waast. Un important lustre de la seconde moitié du XVIIIe siècle, en bronze doré et cristal de roche, est situé au centre de la nef. Dans la nef, à gauche, nous remarquons deux statues représentant une Vierge à l’enfant en bois sculpté.

Nous sortons de la nef pour examiner le chevet. A l’extérieur, il est délimité en hauteur par trois bandeaux horizontaux moulurés. Le bandeau supérieur est orné de fleurons. On peut lire la date 1563, visible depuis la montée de la ruelle des Rats. Le sanctuaire comporte quatre baies jumelles cloisonnées par des meneaux.


LE PLESSIS-AU-BOIS
La journée a continué avec la visite des jardins du Manoir du Plessis au Bois, situé à Vauciennes (60), près de Villers-Cotterêts. La propriétaire des lieux nous a accueillis et guidés dans notre visite des extérieurs.
Histoire
Ce manoir a été construit par la famille de Noüe aux XVe et XVIe siècles dans une enclave de la forêt de Retz., dans un environnement calme de champs et de forêt domaniale.
Il a appartenu notamment à Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV, puis à son fils le Régent. A la fin du XVIIIe siècle, le manoir appartenait à l’abbaye royale Notre-Dame de Longpont, puis l’ensemble a été vendu comme bien national à la Révolution. Ce manoir a été très remanié aux XIXe et XXe siècles.
Description du manoir
L’édifice est composé de deux ailes en retour d’équerre liées par une tourelle avec échauguette sur cul-de-lampe mouluré. Le logis d’habitation, partie la plus ancienne, se prolonge au nord par une tour monumentale en brique et pierre à trois niveaux. L’autre aile présente une élévation orientale très soignée : la façade est divisée en travées soulignées de pilastres plats, surmontés de chapiteaux à corbeille nue et d’un entablement. Cette aile a peut-être eu une fonction d’écurie et de grenier à foin.






Les jardins
Leur réfection est en cours depuis 2003. Ils ont une superficie d’un hectare. Ils proposent une réinterprétation de l’esprit du lieu (fin de l’époque médiévale et début de la Renaissance), avec une composition qui fait appel aux 7 jours de la création du monde selon le Livre de la Genèse : une série de 7 chambres de verdure retraduit symboliquement cette cosmogonie. Ils ont été conçus par Isabelle Lévêque, paysagiste et historienne des jardins, ainsi qu’Hélène Ruffenach, artiste et botaniste. Ces jardins ont toujours connu un usage de potager, de verger et de fruitier. On y trouve, encadrés par des palissades de hêtres, des arbustes à baies, des buis, un bassin vivier cerné d’iris et de glycines, puis un potager fleuri avec vignes, pommiers et poiriers palissés, un canal d’eau, des rosiers grimpants sur arceaux et un boulingrin.



C’est avec la vue ensoleillée de ces jardins que s’est achevé notre circuit.
BIBLIOGRAPHIE
Pour les jardins, voir l’article des parcs et jardins de Picardie :
Voir aussi le site potagers-de-France :
Pour le prieuré notre dame d’Autheuil-en-Valois :
Pour le château et l’église de la Ferté Milon : articles de Wikipedia.
REMERCIEMENTS
- Au maire d’Autheuil-en-Valois qui nous a accueillis
- Au guide du château de la Ferté-Milon
- Au propriétaire du prieuré Notre Dame d’Autheuil
- Au propriétaire du Manoir du Plessis au Bois.
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.