A 9h30 nous accueillons les participants avec Madame Olive, notre guide, dans la salle paroissiale derrière la chapelle Sainte Colette rue Faidherbe.

A 10h nous partons en voiture vers l’église de La Neuville à Corbie où nous retrouvons sur le parvis notre guide et la responsable paroissiale de La Neuville.
L’EGLISE DE LA NEUVILLE

L’extérieur
A 10h nous partons en voiture vers l’église de La Neuville à Corbie où nous retrouvons sur le parvis notre guide et la responsable paroissiale de La Neuville.
L’église en pierre calcaire très friable de Vaire sous Corbie date du XVe siècle. Elle est classée MH dès 1895 et est couverte de graffitis de différentes époques en rapport avec la cloche, d’autres représentant la croix de Saint Jacques, des graffitis de la guerre 1914-1918 et des symboles de tâcherons. On peut remarquer, en entrant, l’indication du niveau d’eau atteint lors de l’inondation, importante, du 14 février 1633.

A la suite d’un don récent d’un habitant pour restaurer le tympan, un dossier a été monté pour faire restaurer l’église. Sélectionné par la mission Bern, ce projet a obtenu un financement. Les travaux financés par l’État (DRAC), la région et la commune représentent 700 000 €. Il est toujours possible de faire un don à la fondation du patrimoine pour l’église de La Neuville.
Les lieux sont dans une zone frontière avec les Bourguignons puis les Impériaux à la fin du XVe siècle.
Il n’y a pas d’armoiries de Corbie ici du fait d’une rivalité avec l’abbaye de Corbie car le curé de La Neuville devait la dîme à l’abbaye de Corbie.
Le portail n’est pas centré par rapport à la nef qui a été construite en plusieurs étapes. Le bas côté gauche est le plus ancien.
La façade
On y retrouve la salamandre de François 1er, qui venait souvent dans la région voir Anne de Pisseleu (1508-1580) sa favorite. A gauche Saint Pierre et une statue de la donatrice. Il manque Saint François et Saint Jean. Entre les deux portes il devait y avoir une statue de la Vierge Marie assise ou un Christ de pitié, à droite une statue de Saint Antoine et de Saint Jacques (on est sur le chemin du pèlerinage de Saint Jacques). A l’extrémité droite un Christ de pitié de 1525, le plus beau.

Le tympan
Il raconte une seule histoire : l’entrée du Christ, monté sur un âne, à Jérusalem le jour des Rameaux.
A gauche : une porte fortifiée qui n’est pas orientée à l’est et tourne le dos à Corbie… Jésus monté sur un âne est suivi des apôtres. Il est accueilli par les édiles de la ville en costume médiéval.


Dans le fond, un paysage en 3 D représente la ville avec au milieu des arbres et des guetteurs perchés et à droite un meunier dans un moulin au pied duquel s’écoule le flot d’une rivière. Le moulin serait un ajout de Viollet le Duc (selon les études menées).
Un rat ajouté par Viollet le Duc se trouve derrière la tête du Christ, à droite.
L’âne est très détérioré en particulier au niveau de la tête.

La restauration du tympan devrait avoir lieu quand les sculpteurs auront terminé le chantier de N.D de Paris. Fera-t-on une remise à neuf ? Se posera la question de ce qu’il convient de faire : refaire à neuf, enlever les ajouts ? Nettoyage il y aura, mais on ne devrait pas refaire, semble-t-il.

Un filet de protection a été posé pour empêcher les oiseaux de venir s’y réfugier et la chute des pierres. L’auvent posé en 1995 masque la rosace au-dessus du portail, mais protège le tympan.
Les gargouilles tombées depuis les travaux de restauration n’ont pas été refaites et ne le seront pas.
Sous le tympan, un bandeau Renaissance comporte des angelots et une chasse avec au centre un cerf et des chiens. François 1er était grand chasseur.

En 1880 le cimetière autour de l’église fut transféré ; ainsi les tombes les plus anciennes ont été perdues avec une perte pour l’histoire de la ville. Les murs du cimetière se trouvaient à l’emplacement de la haie. Le parvis a été refait en pierre de Toulouse qui noircit. En 1995 un terrain attenant a été racheté pour faire un parking.
L’intérieur
Le dallage noir est ancien.

Les fonts baptismaux en pierre de Tournai utilisent le bestiaire oriental. La cuve inscrite dans un carré est sculptée sur les quatre faces : antilopes et pierre de sacrifice, griffons, colombes de la paix buvant à la coupe du salut, oiseaux fantastiques. La cuve métallique, objet rare, a été perdue.

Le retable de La Nativité du XIVe siècle (œuvre Classée MH) présente une scène familière avec la Vierge allongée à l’orientale, comme dans une dormition. Jésus qui apparaît grand met le doigt dans la bouche du bœuf. Saint joseph en berger à droite. Des traces de polychromie restent visibles.

A côté : une plaque aux morts de la Première Guerre Mondiale de La Neuville est apposée, œuvre de Pierre Ansart (écriture du style Art déco).

La chaire du XVIIIe siècle a perdu son abat-son et ne semble plus très bien fixée.
La charpente a été refaite au début du XXe siècle. On peut y voir des anges et des loups sur les poutres.
Un Christ tétramorphe du XVIIe siècle siégeait sur la poutre séparant la nef du chœur.
A gauche on peut voir la porte des Lépreux qui a été gardée, une maladrerie (ferme où vivaient les lépreux) existait à la Neuville dès le XIIe siècle comme à Bonnay et Fouilloy.
L’arc ogival entre la nef et le chœur a été refait au cours de la restauration.

Le chœur date du XVIIIe siècle. L’autel du XVIIIe siècle a été rénové. Dans le chœur, on peut voir 5 blochets sculptés (peut être les fondateurs ?)

Un autel contemporain en chêne de Bourgogne (table carrée sur 2 pieds de bois disposés en croix), un pupitre pour chantre et un ambon (pupitre fixe, légèrement surélevé par rapport à l’assemblée, placé à proximité de l’autel suffisamment grand pour recevoir le lectionnaire, livre des textes bibliques à lire au cours des offices) ont été mis en place en décembre 2022, œuvres de François-Xavier Legenne. grand prix de Rome qui réalisa en 2011 le maître autel de Notre Dame d’Amiens. Sur le bas-côté gauche sera remis un autel de la Vierge et à droite un autel à Saint Millfort, évêque écossais, (saint que l’on priait pour les enfants malades).
Les bancs et stalles du XIXe siècle sont inscrits aux MH.
L’église n’a pas eu de protection particulière pendant la guerre de 1914. Corbie était à l’époque zone de repos et accueillait les péniches hôpitaux (voire le poème de Wilfrid Owen dans notre plaquette de visite).
Corbie a été bombardée lourdement en mars 1918 avec l’offensive allemande Michael.
Nous retournons au parking de la « Caroline » pour nous rendre au restaurant avec au menu Kir, Foie gras de canard, cuisse canard avec pommes sautées sauce poivre, nougat glacé, café ou thé, eau et vin.
Après le repas, visite en 2 groupes de l’abbatiale avec Madame Olive puis passage à l’office tourisme pour présentation de la charte de 825 par Monsieur Anselme enfin visite du Musée des Amis du Vieux Corbie avec Monsieur Damagnez, l’autre groupe commençant par le Musée puis l’abbatiale et enfin la charte à l’office de tourisme.
Sur notre chemin nous passons la chapelle Saint Colette, de style art déco.

Puis nous remontons la rue Faidherbe et passons devant l’Hôtel de ville (ancien hôtel particulier, voir notre plaquette de visite)…

… puis tournons sur la rue Charles de Gaulle pour gagner l’abbatiale (dont l’état actuel ne représente plus qu’un tiers de l’édifice du XVIIIe siècle). En entrant nous retrouvons Madame Olive qui nous parle de la fondation du monastère et de l’élection des abbés comtes, dont les noms figurent sur une plaque située derrière la maquette montrant l’abbatiale au XVIIIe siècle.

L’abbaye qui suivait la règle de Saint Benoît – travail, prière et secours aux pauvres – fut fondée au VIIe siècle par la Reine Bathilde (anglo-saxonne devenue esclave, mais lettrée et que le roi mérovingien Clovis II épousa). Bathilde devint régente pour son fils Clotaire III. Elle fonda cette abbaye royale (qui dépendait directement de Rome) et qui n’était pas soumise à l’évêque d’Amiens. Sur les armes on retrouve les clés de Rome et la tiare du pape. Les moines élisaient leur abbé mais à la Renaissance, l’abbaye fut mise en commende. Les grands princes et les proches du roi devinrent abbés et dépensèrent les revenus. Dès ce moment jusqu’à la Révolution, l’abbaye fut confrontée à un appauvrissement. Les travaux de reconstruction ont traîné du XVIe au XVIIIe siècle de ce fait. A la Révolution le plomb des gouttières a été récupéré, des objets furent volés ou détruits et les bâtiments servirent de carrière de pierre.
Sainte Colette a pour sa part réformé l’ordre franciscain et les Clarisses. Elle est restée recluse volontairement 4 ans à Saint Étienne.
Lors de la disparition de l’abbaye, il n’y a pas eu de fouilles systématiques.
Trois états se sont succédé : une église romane puis une église gothique et la dernière église actuelle.
Au niveau de la Somme et du restaurant « La caroline » se trouvait une porte à péage avec la Chaussée de l’image où se trouvait une Vierge (dite Vierge à l’Image), une Vierge du XVe siècle avec armoiries, exposée dans l’Abbatiale.

Une statue dite Vierge à la chaise a été dorée par erreur. Sur le bas-côté droit, se trouve l’autel des femmes (œuvre de Duthoit) : avec Sainte Claire, Saint Nicolas. Sainte Colette est représentée en gloire avec des angelots, On vient la prier pour avoir des enfants.


Trois reliquaires sont accrochés à droite de l’autel : l’un contenant un morceau du manteau de Sainte Colette, un autre des restes de Sainte Martine, un autre des os de Saint Adalard.

Au centre, de chaque côté de l’autel central, une statue de Pierre et une de Paul, sur l’autel à côté du tabernacle, une statue d’albâtre de chacun des deux apôtres. A gauche un reliquaire de Sainte Bathilde.
Une grande lampe de sanctuaire venant de Luxeuil est suspendue.
Le trône abbatial est installé sur la gauche ainsi qu’un reliquaire contenant la tête d’Adalard, abbé, cousin de Charlemagne, qui a joué un rôle important dans la tenue et la gestion de l’abbaye, par ses écrits pratiques concernant l’organisation et l’économie d’une abbaye.
Il a contribué à fonder une nouvelle Corbie (abbaye de Corvey à Höxter, dont le massif occidental de façade est typique de l’architecture carolingienne.)

A gauche de l’autel central, on trouve l’autel des hommes avec Saint Benoît et Saint Antoine l’ermite, Saint François et Saint Roch accompagné de son chien.
A la Révolution une partie des pièces précieuses et des reliquaires en or ont été cachés par des fidèles.


Après la Révolution, le trésor fut en partie reconstitué : parmi les reliques un doigt de saint Pierre donné par Charlemagne à l’abbaye de Corbie et un reliquaire de Sainte Colette offert par Napoléon III ainsi que des reliques volées à Amiens (Saint Firmin et Saint Gentien). Il y avait une Sainte Face en cuir présentée dans un cadre : elle a été volée et le cadre retrouvé jeté dans la Somme.
Plus loin on trouve sur le bas-côté nord deux fonts baptismaux l’un formé de la juxtaposition de deux chapiteaux superposés provenant des colonnes qui soutenaient les voûtes du réfectoire des moines au XIIIe siècle – l’un renversé servant de base à celui qui creusé sert de cuve, et l’autre font baptismal en marbre veiné de rouge (XVIIIe siècle) de forme ovale, creusé de deux cuves indépendantes ainsi que la pierre tombale de Paschase Radbert (Radberti abba), théologien qui a écrit sur la Transsubstantiation (présence réelle du Christ dans l’Eucharistie). La pierre tombale de Raoul de Roye et Nicolas de Bertin, en pierre de Tournai. Raoul de Roye fut abbé de Corbie et protecteur de Sainte Colette.


Une statue contemporaine d’Anschaire (Oscar) qui évangélisa l’Allemagne du Nord (Brême) le Danemark (deux contrées où il est encore connu) et une partie de la Suède (où son influence a disparu) figure au dessus d’un photographie de l’abbatiale de Corvey (la nouvelle Corbie).


L’abbatiale possédait un narthex où se trouve exposé le moule de la statue de Sainte Colette d’Albert Roze (statue de bronze située au carrefour allant vers le belvédère Sainte Colette) et un groupe « Moïse et le Christ » provenant du Panthéon de Paris (dépôt de l’État).


Une galerie de circulation conduisait aux reliques que l’on pouvait vénérer ainsi sans déranger les offices dans l’abbatiale.
Les armoiries montrant les clés de Saint Pierre et les corbeaux (d’où le nom « Corbie ») sont présentés.
Nous remercions Madame Olive pour toutes ces précisions et nous nous dirigeons vers l’Office du Tourisme où nous attend Monsieur Anselme, membre du Comité de pilotage des manifestations pour le 1200e anniversaire de la fondation de l’abbaye de Corvey à Höxter (Rhénanie Westphalie), qui va nous présenter la charte de 825. Au passage rue Charles de Gaulle, nous pouvons voir le mur de l’ancien Hospice (détruit en 1918).
La Charte de 825 est conservée aux archives départementales de la Somme. C’est un « diplôme » de Louis le Pieux et Lothaire libérant de l’impôt les abbés élus après l’empereur Charlemagne. Elle a été rédigée à Aix la Chapelle. Conservée à l’abbaye, puis disparue jusqu’en 1836, analysée par Champollion, la charte disparaît à nouveau de 1912 à 1991. Achetée par les Archives de la Somme, elle se trouvait dans un mauvais état.
Elle se compose au recto d’un texte de 14 lignes (10 lignes de texte, les signatures des deux empereurs la signature du notaire et la date de l’acte et la croix de Saint André) et au verso, de trois couches de texte : en haut, l’une illisible concernant l’enregistrement du texte en 900, puis une couche du XIIIe siècle (1220) confirmant les privilèges de l’abbaye en matière fiscale, et une autre couche du XVe siècle (1421) portant des mentions archivistiques.
Le document est côté C3 pour les Archives. Les copies authentifiées seront présentées prochainement à la salle des jumelages.
Au sujet de ce document, voir la plaquette donnée aux participants. Il importe de se souvenir que les abbayes avaient des écrits concernant leurs droits, leurs possessions et exemptions fiscales (parfois de faux documents) qui leur permettaient de conserver leurs biens et privilèges et d’ester en justice.
Nous remercions Monsieur Anselme et partons vers le Musée.
Au passage nous pouvons admirer la Porte monumentale de l’abbaye qui date du XVIIIe siècle.
LE MUSEE DU VIEUX CORBIE
Nous retrouvons Monsieur Damagnez qui nous fait visiter le Musée qui se situe à l’emplacement du cloître et du réfectoire.
Dans la première salle, figurent quelques pièces archéologiques extraites du sous-sol lors des fouilles réalisées à Corbie entre 1978 et 1982, ainsi une statue de Clotaire III. Dans le cloître, il y avait une statue de Saint Paul, une de Saint Pierre, une la Vierge et une statue de Bathilde. Une partie des pièces a été stockée à la DRAC pour être répertoriée. Deux bas reliefs ont été envoyés à l’église Saint Rémy d’Amiens.

La tombe de Claude de la Caurrie, abbé prévôt de l’abbaye est restée au Musée. Nous pouvons également voire des plans de l’abbaye de Corbie.

La seconde pièce est consacrée à la fondation de l’abbaye. La reine Bathilde avait fait une dotation foncière importante aux alentours d’Arras, de Doullens, de Corbie et Bray sur Somme (22 000 ha en tout) à l’abbaye. En outre l’abbaye était exempte du tonlieu de Fos sur mer (péage sur les marchandises transportées), Fos où arrivaient les marchandises en provenance de tout le bassin méditerranéen et de l’Orient.
La reine Bathilde est morte à l’abbaye de Chelles qu’elle avait également fondée. Nous pouvons voir une chasuble de la reine.
La caroline : Charlemagne tenait à unifier son royaume, le latin fut utilisé pour une compréhension dans tout l’empire et les moines de Corbie mirent au point une écriture la « Caroline » qui rendit plus lisibles les textes par les lettres plus simples, des mots séparés par des espaces et des phrases par la ponctuation. La police « Times New Roman » de nos traitements de texte s’en inspire, Corbie est le centre pivot pour cette écriture. Alcuin (abbé de Tours en 796) a offert à Charlemagne une Bible de Maurdramne entièrement écrite en lettres carolines.
L’abbaye de Corbie possédait 800 manuscrits. Il fallait en moyenne 2 ans pour réaliser un manuscrit. En 1636, 400 manuscrits de l’abbaye furent transférés à la bibliothèque de l’abbaye Saint Germain des Près, sur ordre de Richelieu. Cette bibliothèque a été pillée et incendiée pendant la Révolution. 26 manuscrits ont été acquis par Pierre Dubrowsky, attaché de l’ambassade de Russie à Paris en 1791 et sont actuellement à Saint Pétersbourg. 177 manuscrits sont versés à la bibliothèque municipale d’Amiens. D’autres se trouvent à la BNF et dans des bibliothèques européennes.

Adalard, cousin de Charlemagne, abbé de Corbie, a établi un organigramme et un mode de fonctionnement pour les monastères.
Un exemple de manuscrit, le Psautier de Corbie : Beatus … la majuscule B représente le roi David et un ange, le O représente la terre (à l’époque on pensait qu’elle était plate), la majuscule C représente un oiseau qui se tord le cou pour pouvoir se gratter la tête avec la patte. On retrouve aussi des entrelacs de 7 cm rappelant l’Irlande dont les moines s’étaient établis à Luxeuil et dont certains étaient venus fonder l’abbaye de Corbie.

Les moines avaient une tâche précise dans l’élaboration du manuscrit. Certains tiraient les lignes, d’autres dessinaient et d’autres écrivaient.
Pour le manuscrit « Liber de Cruce » Louis le Pieux est représenté en roi et il tient la Croix : il représente Dieu sur terre. Un texte est inscrit dans la croix représentée qui s’ajoute au texte écrit sur le reste de la page.

La troisième salle : Anschaire, moine de Corbie, partit évangéliser le Nord de l’Allemagne puis le Danemark et le Sud de la Suède (jusqu’à Birka à 200 km au sud de Stockholm). Il devint évêque de Brême et archevêque de Hambourg. Il fonda l’abbaye de Corvey à Höxter (Westphalie) : la « nouvelle Corbie ». Sur la photographie présentée, on retrouve le massif carolingien d’origine de la façade ouest (Westwerk). Par contre l’intérieur de l’abbatiale est baroque. Les bâtiments abbatiaux sont du XVIIe siècle (ils sont actuellement loués et l’abbaye n’existe plus en tant que telle depuis 1792).
Au Xe siècle, les Vikings arrivèrent sur les côtes du royaume franc, et pour protéger l’abbaye l’abbé Francon voulut la fortifier par un mur d’enceinte.
L’abbaye avait une telle importance qu’elle pouvait battre monnaie : exemples de monnaie d’argent frappée à la main.

A l’étage, nous pouvons retrouver un moine copiste à l’œuvre. Les manuscrits sont d’abord en papyrus puis en parchemin que l’on peut corriger en grattant les erreurs voire même réutiliser en grattant complètement le texte précédemment écrit (palimpseste). Les rayons ultraviolets et le laser permettent de découvrir d’anciens textes sous certains documents écrits.
La salle 4 est consacrée à Sainte Colette qui naquit en 1381, à la suite d’un pélerinage de ses parents, sans enfants, auprès de Saint Nicolas. Sa mère avait alors 60 ans. Colette (Nicolette Boellet) très attirée par la vie religieuse devint Clarisse et demanda à être recluse à l’extérieur de la Collégiale Saint Étienne pendant 4 ans. Puis avec l’autorisation du Pape, elle sortit de réclusion et partit fonder des couvents réformés (elle réforma les Clarisses). Aidée par les états bourguignons, elle fonda 17 monastères dont Poligny. Les moines de Corbie la virent partir avec satisfaction (car elle eut un rôle politique non négligeable). Elle mourut à Gand en 1447 dans un couvent qu’elle avait fondé.
On peut voir ici une tenue de Clarisse donnée par les Clarisses de Ronchamp.
Dans la salle 5, nous retrouvons Corbie au cœur de l’histoire de la période moderne, avec un plan de la ville en 1636, une maquette de la ville en 1636, des boulets de canons et des balles d’arquebuse.
En 1636 l’empire Habsbourg a été partagé en deux par les héritiers de Charles Quint. L’Espagne d’un coté avec les Pays Bas et l’Artois, l’Autriche Hongrie, la Bohème de l’autre. Ces derniers étaient en lutte contre les Suédois et les Danois, protestants. Richelieu décida d’aider les protestants d’Allemagne contre Ferdinand II d’Autriche. De ce fait Corbie fut prise en 1636 par les Espagnols catholiques, alliés à l’Autriche. Richelieu organisa alors le siège de la ville qui dura trois mois et la reprit. La bibliothèque de l’abbaye fut alors privée d’une partie de ses manuscrits sur ordre de Richelieu. Cela accéléra le déclin de l’abbaye
A cette époque des religieuses soignaient les malades et blessés à l’hospice. Elles décidèrent de mettre un clocher sur le bâtiment de l’hospice, ce qui a pu laissé croire à tort qu’il y avait là un couvent de femmes.
Un fort était établi à l’église de Fouilloy.
Le Tabor correspond au le Nord Ouest des fortifications.
L’église Saint Jean l’Évangéliste située entre l’abbatiale et la collégiale Saint Étienne a été rénovée en 1623.
La dernière salle est consacrée au XXe siècle : des photos illustrent les destructions de Corbie lors des bombardements de 1918.
La ville ne fut pas victime des Allemands en 1914. L’écluse fut protégée. Elle devint ville de l’arrière pendant la Première Guerre accueillant à partir de 1915 les troupes anglaises pour le repos et les soins. La Neuville avait un hôpital militaire : le CS 21.
Corbie fut bombardée en mars 1918 (offensive allemande Michael). La Croix de Guerre fut remise à la ville en 1920 par Clémenceau.
Enfin une partie est consacrée à Eugène Lefebvre, aviateur, qui avait fait ses études à l’Institut Industriel du Nord. C’était un grand sportif qui faisait du vélo. Il s’est tué aux commandes de son avion en 1909 à Viry Châtillon.
Nous remercions Monsieur Damagnez pour cette visite riche et instructive.
LES EXTERIEURS
Nous nous arrêtons pour admirer les restes du rempart sur le site appelé Tabor.

Tout le groupe s’est retrouvé à Saint Colette pour partir en voiture jusqu’au Belvédère de Sainte Colette afin d’admirer les étangs de la Barette et le panorama.
Les étangs sont d’origine artificielle, creusés par les moines au VIIe siècle pour en extraire la pierre calcaire, puis ils empoissonnèrent les lieux, créant ainsi une réserve de nourriture et ils exploitèrent les coteaux en ramassant le bois de chauffage.
Nous terminons notre journée sous le soleil, autour d’un rafraîchissement et de quelques gâteaux.

REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier :
Mme Olive
M. Anselme
M. Damagnez
L’Office de Tourisme.
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