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Notre voyage en car a débuté sous le brouillard mais le soleil est vite apparu. La plaquette de 28 pages a été distribuée aux 29 participants.
Attendus à 9 h 30 au « buffet de la gare », notre car nous y a déposés un peu en avance et Daniel notre guide pour la journée nous a accueillis.
Après un petit-déjeuner avec brochette de fruits, viennoiseries et café, Daniel nous conta l’histoire du buffet et de la ville.
LA VILLE AU XIXe SIECLE
En 1850, il faut 4 jours pour venir en diligence de Paris, mais le train va réduire considérablement ces délais.
Le coût du logement à Saint-Quentin est faible. Ce qui attire les cadres supérieurs (banque) pour cette ville que la voie ferrée rapproche de Paris, Londres et Bruxelles.
Les grands magasins font leur apparition à Paris (Bon Marché, Samaritaine) un tel magasin s’installe aussi à Saint-Quentin.
Comme Zola peut le décrire : Des « aboyeurs » sont placés dans les rues à proximité pour faire rentrer le client. On présente en premier à la vue (rez-de-chaussée) les objets les plus chers ou de luxe comme les parfums et au fur et à mesure que l’on progresse dans le magasin, on se rapproche d’objets plus ordinaires, moins luxueux. L’important est de faire entrer le client, avec des concours comme son poids en oranges (ce qui est une nouveauté). Un cinéma fonctionne au fond du magasin. Un appareil de radiographie fonctionne sans précaution ! On y présente des magnétophones.
Signe de sa richesse, Saint-Quentin est la ville aux 14 cinémas dont Le Casino avec une façade à deux colonnes coiffées chacune d’une figure masque « Jean qui rit, Jean qui pleure ».
La ville possède un parc où l’on peut se promener « Les Champs-Élysées » où se montrent les Grand-Bi. Quatre Théâtres y ont été construits pour répondre aux exigences des « Parisiens ».
Autres signes de richesse : les bains-douches.
A la Belle Époque : 15 usines textiles produisent. Des enfants y travaillent à partir de 11 ans.
Un premier buffet a été installé à Tergnier sur la ligne de Saint-Quentin, mais les voyageurs y font attendre le train à l’arrêt… Un buffet est donc édifié à Saint-Quentin.
La Première Guerre provoque une destruction à 80 % (du fait des tirs britanniques).
Le guide évoque alors l’Occupation allemande (sans école), la cohabitation forcée dans les maisons bourgeoises, le couvre-feu après 17 h, l’alimentation rare et le marché noir au risque du poteau d’exécution, l’heure allemande (avance d’une heure), les panneaux en Allemand.
Au 1er juillet 1919, la ville de 30 000 habitants n’en comptait plus que 1 500.
En 1922 le buffet brûle avec la gare et il est reconstruit en 1924 selon le style « Art déco ». Il est toujours propriété de la SNCF qui ne le rétrocède pas à la ville.
Des bains douches sont refaits en Art déco.
Le « Casino » a été récemment racheté et accueille des associations, il permet beaucoup de réceptions.
LE BUFFET DE LA GARE
Le restaurant avait un accès sur les quais par une porte à tambour maintenant condamnée. Une buvette existait également sur les quais. Une salle annexe pouvait être utilisée en salon privé. Un bureau de poste (de style art-déco) permettait une levée le dimanche.
Les cuisines étaient en sous-sol et à l’étage on trouvait un hôtel de trente cinq chambres.
Le restaurant fonctionna jusqu’en 1980 et fut classé monument historique en 2018.
Le vandalisme a fait disparaître le mobilier du Bar, les lustres avec des opalines anti-éblouissement, qui ont été refaits à l’identique.
Le décor utilise la rose mais sous une forme stylisée. Il fait emploi de verres (il y en a dix variétés). Sur les parois du buffet, des émaux grisés avec insertion de cubes d’or massif. La marquetterie très présente utilise la palissandre du Brésil et des bois résistants et malléables.
Sont également utilisés le Bronze, le Cuivre, le Fer forgé et le Laiton.
La pendule est d’origine comme l’indique les « IIII » à la place de « IV ».
La lumière est prépondérante et un miroir qui agrandit la pièce, permet également au serveur de voir derrière lui les clients.









LE PONT D’ISLE ET LE MONUMENT AUX MORTS
Nous reprenons le car pour emprunter le pont d’Isle avec ses phares. Nous passons devant le Monument aux Morts, le monument au Roi des Belges puis les béguinages (rappel de la richesse industrielle de la ville) avant de nous arrêter sur le parvis de la Basilique avec sa tour porche restaurée aux pierres étincelantes au soleil. Un jardin a remplacé le parking.


LA BASILIQUE
De style gothique, elle fut détruite et décapitée en 1918 et sa reconstruction commencée 1920 ne s’acheva qu’en 1975.
Le guide fait observer le flambement des piles au-delà des transepts et nous fait remarquer le labyrinthe qui symbolise la montée du Christ au calvaire. Au Moyen Âge, les fidèles devaient le parcourir à genoux comme substitution symbolique au pèlerinage en Terre Sainte.
Les vitraux art-déco sont commentés, réalisés par Georges Bourgeot en 1931/1932 : Sainte Thérèse de Lisieux patronne des missionnaires et des soldats et dans la chapelle opposée la Sainte Communion.
Nous descendons dans la crypte qui abrite le tombeau de Quintinus.
Remontés dans la nef nous passons devant le tombeau du milieu du XVIe siècle de Pierre d’Estourmel et de sa fille Adrienne. Ils sont représentés couchés sur le dos, les mains jointes. Pierre d’Estourmel, barbu, porte l’armure et l’épée. Sa tête repose sur son heaume, et ses pieds s’appuient sur un lion couché de profil. Un gantelet le sépare de sa fille Adrienne, vêtue d’une robe à ceinture et d’un manteau, la tête appuyée sur un coussin et les pieds sur un lévrier couché de profil. Figurent en haut les armoiries familiales : l’écu est couvert d’un casque à panache ayant un cygne pour cimier. L’écu armorié se remarque également sur la tunique de Pierre d’Estourmel et sur le manteau de la femme allongée à ses côtés.
Nous ressortons en passant devant les Neumes (notation musicale) peints sur le mur du chœur.



LE RESTAURANT « LE GRAND CAFE DE l’UNIVERS »
Nous gagnons à pied le « Grand Café de l’Univers » qui nous accueille au premier étage où les vitraux de plafond apportent une touche de luxe en même temps que de chatoyantes couleurs. Par les vitres nous voyons l’Hôtel de Ville.






LA POSTE ET LES MAISONS ART DECO
Après le repas, le guide nous conduit au bâtiment de la Poste avec sa porte en fer forgé et dont le hall comporte 6 mosaïques Art déco.
Nous passons devant quelques façades Art déco à proximité de la sous-préfecture.
Le guide nous fait remarquer les roses stylisées des décors, les bow-windows, les fer forgés, les pas de moineaux des pignons.
Un ancien bâtiment industriel d’architecture métallique et décoré des céramiques vernissées jaunes, est occupé notamment par la boulangerie Paul et des restaurants.








L’HOTEL DE VILLE
Son architecture gothique abrite une salle du conseil Art déco qui a gardé son plafond gothique en carène à blochets (boiseries, luminaires, lampes de bureau, tribune du premier magistrat sont Art déco) où nous nous asseyons pour écouter le guide qui attire notre attention sur la Marianne placée au-dessus de la tribune, à laquelle le sculpteur a donné les traits d’une femme africaine.
Nous gagnons ensuite la salle des mariages à la cheminée gothique, à la plaque d’âtre en fonte, au plafond en carène de bateau comportant des blochets colorés. Un bureau porte le buvard et l’encrier des signatures.
Le sac de Saint-Quentin de 1557 (huile contemporaine de Francis Tattegrain) décore le mur du salon de la Légion d’Honneur où nous passons.
En sortant nous passons par la salle de la chambre consulaire.







LE PALAIS DE L’ART DECO
Puis nous retraversons la grand place et nous dirigeons vers le Palais de l’Art déco dont l’entrée est commune avec le musée des Papillons. En l’absence d’exposition, l’éclairage faible permet de deviner les corolles des piliers staffées et dorées, l’escalier monumental et sa rampe, les étages en mezzanine sous la verrière ovale.
Une grande maquette rappelle le projet architectural d’origine du grand magasin. Nous terminons notre visite par la petite salle de cinéma où le guide nous souhaite un bon retour.


REMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier :
- L’office du tourisme de Saint-Quentin
- Le restaurant « Le Grand Café de l’univers ».
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